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Le harcèlement et la violence genrée en contexte d’apprentissage expérientiel : un projet de recherche du Courage d’agir

Par : Noémie Veilleux et Andréanne St-Gelais

Nous en sommes à vous présenter un tout nouveau projet de recherche-action qui s’inscrit à même les activités du Courage d’agir . Intitulé Le harcèlement sexuel en contexte d’apprentissage expérientiel, il s’agit de l’une des premières recherches pancanadiennes sur cet enjeu.

Les activités du Courage d’agir sont soutenues financièrement par Femmes et Égalité des genres Canada et se divisent en plusieurs phases. Les deux premières phases ont permis de démontrer un manque significatif de données sur le harcèlement sexuel et la violence genrée en contexte d’apprentissage expérientiel, notamment grâce au rapport fondateur publié en 2019. Par apprentissage expérientiel, il est entendu toute activité d’apprentissage pratique qui se déroule en milieu professionnel. Alors qu’on remarque qu’une attention accrue est accordée aux violences sexuelles en milieu de travail, la majorité des recherches sur le sujet n’abordent pas ou peu la réalité de la population étudiante en enseignement supérieur, qui doit compléter des stages, des programmes coop et d’autres opportunités qui conjuguent l’apprentissage académique et professionnel en milieu de travail.

Alors que le Québec agit comme cheffe de file en ce qui a trait aux protections légales des personnes stagiaires, du travail reste à accomplir pour assurer aux personnes étudiantes un milieu d’apprentissage exempt de violence. Le contexte d’apprentissage en milieu de travail place les personnes étudiantes en situation de vulnérabilité et à risque de subir du harcèlement sexuel en raison de la relation de pouvoir qui existe entre la personne étudiante et l’employeur ainsi que les personnes chargées de sa supervision. Devant obligatoirement réussir leurs apprentissages expérientiels pour obtenir leur diplôme ou des opportunités d’emploi intéressantes, les étudiant·e·s se trouvent dans une position particulièrement précaire. D’un point de vue intersectionnel, cette problématique est exacerbée par le fait que les étudiant·e·s, en particulier les membres des communautés marginalisées, ont été profondément affecté·e·s économiquement par la pandémie et sont donc confronté·e·s à des pressions accrues pour obtenir un emploi qui leur permet de subvenir à leurs besoins. Cela est particulièrement vrai pour les communautés étudiantes autochtones, racisées ou en situation de handicap, qui sont déjà plus fréquemment la cible des comportements de violence sexuelle et genrée.

Dans ce contexte, il semble primordial de tenir compte des réalités uniques auxquelles sont confronté·e·s les étudiant·e·s lorsqu’ils et elles subissent du harcèlement sexuel en contexte d’apprentissage expérientiel. L’objectif principal du projet de recherche-action est de produire des recommandations concrètes et des outils qui supporteront la prévention et les efforts spécifiquement dédiés à adresser les violences genrées et le harcèlement sexuel en contexte d’apprentissage expérientiel. Pour y arriver, notre équipe se basera sur la revue de littérature et la recension menées lors des activités de la deuxième phase du Courage d’agir.

En collaboration avec des partenaires de partout au pays, nous allons :

  1. Décrire les processus institutionnels existants pour répondre au harcèlement sexuel et à la violence fondée sur le genre en contexte d’apprentissage expérientiel ;

  2. Effectuer une recension du contexte législatif actuel ; et

  3. Identifier des pratiques prometteuses pour adresser et prévenir le harcèlement sexuel et la violence genrée en contexte d’apprentissage expérientiel.

Ce projet de recherche positionnera le Canada en tête de file quant à la prévention de la violence genrée dans les espaces d’apprentissage et offrira un soutien concret par le biais d’outils et de guides destinés aux établissements d’enseignement supérieur, aux étudiant·e·s et aux milieux de travail.

Comment y contribuer ?

  1. Partagez les deux enquêtes sur vos réseaux sociaux lors de leur sortie au début de mois d’octobre 2022 afin d’assurer une juste représentativité de la communauté francophone ;

  2. Suivez-nous sur les réseaux sociaux (FB, LK, TW et IG) pour rester au courant des développements du projet de recherche, du rapport et des outils qui en découleront.

  3. Restez à l’affût puisque d’autres opportunités vous permettant de contribuer directement au développement de ce projet de recherche seront dévoilées au courant de l’hiver !

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Référence suggérée : Veilleux, N., St-Gelais, A. (août 2022) Le harcèlement sexuel et la violence genrée en contexte d’apprentissage expérientiel : un projet de recherche-action du Courage d’agir. Le courage d’agir. www.couragetoact.ca/blog/elp-fr

Noémie Veilleux (elle/she/her)

Noémie Veilleux est assistante de recherche du projet Le harcèlement sexuel en contexte d’apprentissage expérientiel et étudiante au baccalauréat en sexologie à l’Université du Québec à Montréal. Anciennement leader étudiante nationale, elle a œuvré à la prévention des violences sexuelles en milieu d’enseignement supérieur par ses diverses implications au sein d’organismes, de tables intersectorielles et de comités de recherche. Elle travaille au sein de la Chaire de recherche sur les violences sexistes et sexuelles en milieu d’enseignement supérieur et offre des formations sur les violences genrées en milieu d’enseignement. Noémie vit et travaille à Tiotiá:ke (Montréal), historiquement connu comme lieu de rassemblement pour de nombreux peuples des premières nations.

Andréanne St-Gelais (elle-she-her)

Andréanne St-Gelais (elle) est co-chercheure du projet Le harcèlement sexuel en contexte d’apprentissage expérientiel et directrice du Collectif social, un organisme à but non lucratif qui a pour mission de développer et de soutenir les initiatives communautaires ou sociales qui répondent aux besoins des communautés étudiantes des établissements d’enseignement supérieur. Une bonne partie de son travail consiste à mettre en place et à déployer des mesures de sensibilisation face à la violence sexuelle et genrée qui sont efficaces et fondées sur les données probantes les plus récentes et les meilleures pratiques en la matière. Originellement issue du milieu de la santé, elle possède une maîtrise en physiothérapie ainsi qu’en administration publique et a combiné des études en relations publiques, science politique et science économique. Depuis plus de cinq ans, elle œuvre au quotidien à la prévention et à la sensibilisation face aux violences sexuelles et genrées, et ce, autant au Québec que dans le reste du Canada. Elle a notamment contribué au déploiement de Sans oui, c’est non !, la toute première campagne nationale de prévention sur cette question au Québec. Elle vit et travaille à Tiotiá:ke (Montréal), historiquement connu comme lieu de rassemblement pour de nombreux peuples des premières nations.

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